Brussels Capital Region
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Rapport de l’Observatoire 2019

14 janvier 2021

Le Rapport 2019 rassemble, commente et met en perspective les chiffres-clés de la sécurité en Région bruxelloise portant sur l’année 2019. Afin d’approcher au mieux la réalité, l’Observatoire collecte les chiffres et tendances auprès de différents partenaires de la chaine de prévention et de sécurité (statistiques policières, judiciaires, administratives) mais aussi directement auprès des citoyens – via l’Enquête Régionale de Sécurité  – qui fréquentent la Région.  L’Observatoire dresse ainsi une image nuancée de la sécurité en RBC, avec ses aspects encourageants et ses points d’attention. L’observation évolutive de la criminalité et du sentiment de sécurité nourrit la réflexion sur les phénomènes prioritaires et les réponses les plus adaptées à y apporter. 

 

Un sentiment de sécurité important… 
D’après les Enquêtes Régionales de Sécurité menées par l’Observatoire, une grande majorité des personnes qui fréquentent le territoire régional ne se sentent jamais ou rarement en insécurité : 60% des résidents, 62% des navetteurs et 79% des touristes (ERS 2018) et 71% des professionnels (ERS 2019). Plus de 60% des entreprises de la Région se disent aussi « satisfaites » ou « très satisfaites » de la sécurité dans leur quartier.

Et une criminalité enregistrée en diminution 
Avec 152.195 délits enregistrés en 2019, la criminalité enregistrée par la police présente une tendance à la baisse sur le long terme : -13% par rapport à 2010 (malgré une légère hausse depuis 2015 (+4%)). Les sanctions administratives communales – qui avaient fortement augmenté entre 2012 et 2017 (+304%) , diminuent désormais (-18% entre 2017 et 2019). 197.221 PV ou constats ont été traités par les fonctionnaires sanctionnateurs des 19 communes bruxelloises en 2019. Au niveau du Parquet correctionnel, les chiffres révèlent aussi une tendance à la baisse (-16% pour les affaires entrantes comme sortantes de 2015 à 2019). Mais celle-ci est davantage à lier à la mise en place de procédures alternatives ou à des changements de processus, plutôt qu’à une diminution réelle de la criminalité. On note par ailleurs une stabilisation, au niveau des affaires entrantes impliquant des mineurs délinquants – ayant commis un « fait qualifié infraction » – qui entrent au parquet de la jeunesse de Bruxelles en 2019 à un niveau proche de celui de 2015. S’il y a cinq ans, ces affaires étaient surreprésentées en RBC par rapport au niveau belge, ce n’est désormais plus le cas.

Un chiffre noir élevé…
Les enquêtes régionales de sécurité révèlent un chiffre noir important, à savoir des faits dont les personnes se disent victimes, mais qu’elles ne rapportent pas à la police. Les chiffres de la criminalité enregistrée ne sont donc pas le reflet de la réalité. Les fluctuations de ceux-ci dépendent à la fois de la proactivité policière mais aussi de la tendance des victimes à rapporter certains faits. Une tendance qui peut évoluer en fonction de l’actualité : la hausse des faits enregistrés de violence sexuelle (+30% en 2019 par rapport à 2015) ne signifie pas nécessairement une plus grande ampleur du phénomène, mais reflète aussi une libération de la parole chez les victimes, notamment suite au mouvement Me too. 

Et quelques points d’attention
Si de manière globale, les tendances sont positives, plusieurs phénomènes méritent une attention accrue de la part des acteurs de la sécurité.

C’est le cas des problèmes de propreté publique, allant des jets de mégots ou de petits déchets aux dépôts clandestins de plus grande envergure, en passant par les poubelles mal triées ou sorties au mauvais moment. Ces incivilités ayant des conséquences directes sur le cadre de vie présentent un fort impact sur le sentiment de sécurité. Ces infractions peuvent faire l’objet de sanctions administratives communales ou régionales (par Bruxelles Environnement et Bruxelles-Propreté). Des taxes communales (+35% de 2015 à 2019 ; 12.166 taxes en 2019) peuvent aussi s’appliquer à ces faits perçus par les citoyens et les entreprises comme des facteurs de gêne importants en RBC. 

Comme c’était déjà le cas ces dernières années, les vols restent un point d’attention, en particulier les vols à la tire et les vols de vélo. Malgré la tendance à la baisse de la criminalité enregistrée par la police, les vols à la tire ont augmenté de 28% entre 2010 et 2019, et même de 61% depuis 2015. Les transports en commun sont particulièrement concernés : 28% des vols à la tire commis en 2019 s’y sont produits. En lien avec les changements d’habitude au niveau de la mobilité, les vols de vélo et de vélomoteur ont également fortement augmenté (+64% de 2010 à 2019), et ce malgré les campagnes de prévention et de gravure de vélos mises en place par différents acteurs. Les cyclistes sont, par ailleurs, aussi de plus en plus représentés dans les victimes d’accidents de la route avec lésions corporelles : +136% entre 2010 et 2019. 

Les mineurs constituent aussi un public-cible à prendre en compte dans les politiques de prévention et sécurité. En effet si la part des affaires pour « fait qualifié infraction » diminue, les « mineurs en danger » sont par contre en augmentation, aussi bien dans les affaires entrantes au Parquet de la jeunesse (+38% d’affaires entre 2015 et 2019) que dans le nombre de décisions rendues par le tribunal de la Jeunesse et dans les chiffres relatifs à l’aide à la jeunesse. Les mineurs sont aussi un public vulnérable lors des accidents de la route, puisqu’ils représentent 12% des victimes présentant des lésions corporelles en 2019.

Recommandations 
Au regard de toutes les données rassemblées dans ce Rapport 2019, il parait essentiel de poursuivre les efforts dans différents domaines de la prévention et de la sécurité. Tout d’abord en sensibilisant les citoyens, en matière de cambriolages, de propreté, mais aussi en renforçant la relation de confiance entre le citoyen et la police. La prise en charge des victimes doit également être une priorité, de même de que le travail en réseau et la collaboration d’un maximum d’acteurs de la chaîne de prévention et de sécurité. Enfin, l’accent peut être mis sur les nouvelles technologies qui peuvent contribuer au contrôle et à la poursuite de certains faits, en matière de circulation routière ou de propreté par exemple. L’espace public doit aussi faire l’objet d’une attention particulière et d’aménagements adaptés afin que celui-ci soit investi, partagé et vécu en toute sécurité. 

Actions et perspectives 
L’Observatoire poursuivra sa mission d’observation à travers le suivi des tendances générales et l’élaboration d’analyses ciblées. En 2020, l’Enquête Régionale adressée aux citoyens, navetteurs et touristes a à nouveau été menée et ses résultats (à paraître) alimenteront le prochain rapport. 

En outre, le nouveau Plan Global de Sécurité et de Prévention 2021-2024 (dont la publication est prévue en 2021) présentera un ensemble de mesures qui, élaborées en concertation avec l’ensemble du secteur, sont autant de réponses aux problématiques identifiées.